Des contes du monde entier pour grands et petits

Les aventures d’Askeladd, le futé dompteur de trolls

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Les aventures d’Askeladd, le futé dompteur de trolls

Martine Desbureaux
Illustrations de Sherley Freudenreich

2010, 64 pages, 14,50€

Product Description

Menteur !

Il était une fois une princesse si douée pour improviser des mensonges invraisemblables que nul n’avait jamais le dernier mot : elle était tout simplement intarissable. Or, un jour, le roi son père fit savoir par tout le pays qu’il accorderait sa main, ainsi que la moitié de son royaume, à celui qui réussirait à la battre à son propre jeu et à lui clouer le bec.
Un grand concours de menteries fut donc organisé à la cour. Les candidats arrivèrent en foule, appâtés par la récompense. Mais ils échouèrent tous lamentablement.
Trois frères qui cherchaient fortune résolurent alors de se présenter à l’épreuve. L’aîné s’y essaya le premier. Il se trouva vite à court d’inspiration et dut se retirer. Le cadet ne s’en tira pas mieux. Le plus jeune des trois, Askeladd, ne voulut pas être en reste.
Il trouva la princesse inspectant avec son père la ferme royale.
« Bonjour Votre Altesse, dit-il poliment.
– Bonjour. Je vois que tu admires notre étable. Il n’y en a sûrement pas d’aussi vaste dans ton village : si deux vachers jouent de la corne chacun à bout, ils sont si loin l’un de l’autre qu’ils ne peuvent pas s’entendre.
– Oh que si, répondit Askeladd. Notre étable est si longue que si une vache conçoit un veau en y entrant, son veau est prêt à naître quand elle en sort.
– Ah bon. Mais votre taureau n’est sûrement pas aussi impressionnant que le nôtre. Deux hommes juchés sur ses cornes n’arrivent pas à se toucher du bout d’un bâton long d’une toise.
– Peuh ! Deux hommes perchés sur les cornes du nôtre ne s’entendent pas jouer de la trompe.
– Vraiment. En tout cas vous n’avez sûrement pas autant de lait que nous. Ici on trait dans des barriques, on fait cailler le lait dans des chaudières et nos fromages sont grands comme des roues de charrette.
– Oh, chez nous on trait dans des citernes, le lait caille dans des cuves à brasser la bière et nos fromages sont gros comme des maisons, c’est une jument baie qui foule la pâte pour les presser. Un jour elle est tombée dedans, et au bout des sept ans qu’il a fallu pour manger le fromage on y a trouvé un cheval de la même couleur. En le menant au moulin je lui ai brisé l’échine, mais je l’ai réparée avec un tronc de sapin et il ne s’en est pas porté plus mal. Le sapin, lui, a tellement poussé que j’ai pu grimper jusqu’au ciel ; là-haut, la Vierge Marie tressait des cordes avec de la semoule. Tout à coup le sapin s’est rompu ; je ne pouvais plus revenir sur terre, alors la Vierge m’a fait descendre au bout d’une corde. J’ai abouti au fond d’un terrier de renard. Il y avait là ton père avec ma mère en train de rapiécer des souliers. Et ma mère a donné une telle gifle à ton père que les croûtes de sa gale lui en sont tombées de la tête.
– Alors là, tu mens, fit la princesse interloquée. Mon père n’a jamais été galeux. »
C’est ainsi qu’Askeladd remporta la main de la princesse et la moitié de son royaume.