Des contes du monde entier pour grands et petits

Histoires du tapis volant et de la calebasse gourmande

9782910272579

Histoires du tapis volant et de la calebasse gourmande

Anna Stroeva
illustrations de Manuela Magni

2008, 120 pages, 14,50€

 

 

Product Description

Ivan et les idiots

Conte russe

Il était une fois une veuve qui avait un fils adulte, Ivan, et une fille plus jeune. Ils décidèrent un jour de vendre du grain. La mère et la fille prirent du grain et commencèrent à le moudre à la main, avec une meule, comme on faisait autrefois. Tout à coup, la meule tomba par terre ; la mère prit la fille dans ses bras et se mit à lamenter :
– Ma pauvre fille ! Bientôt, tu grandiras, tu te marieras, tu auras un fils, tu iras moudre du grain avec ton petit garçon, la meule tombera, frappera la tête du garçon et le tuera sur le coup !
Et les deux femmes se mirent à pleurer sur le sort du petit garçon, qui n’était même pas encore né… Ivan, pendant ce temps, s’impatientait. Ne  voyant pas sa mère et sa sœur arriver, il alla les chercher :
– Pourquoi pleurez-vous ?
– Ecoute donc. La meule est tombée par terre. Imagine, si ta sœur était mariée, qu’elle avait eu un fils, qu’elle était venue avec le petit garçon moudre du grain, que la meule soit tombée sur la tête de l’enfant, il serait mort !
– Mon Dieu, que vous êtes bêtes ! Je ne veux plus vivre avec vous. Je pars chercher des gens plus intelligents.
Il se mit en route et marcha toute la journée. Le soir, il poussa la porte d’une maison pour y passer la nuit. Un vieillard y vivait seul. Celui-ci avait une paire de bottes qu’il ne savait pas enfiler. Alors, il montait sur son four et sautait dans ses bottes. Malheureusement, il atterrissait chaque fois à côté, se blessant les pieds jusqu’au sang sans parvenir à mettre ses bottes. Ivan l’interrogea :
– Grand-père, que fais-tu ?
– Vois-tu, j’ai des bottes, mais je n’arrive pas à les mettre.
Ivan assit le vieux sur un banc, mit une de ses jambes dans une botte, puis l’autre :
– Voilà comment il faut faire, un pied après l’autre.
– Merci beaucoup ! Reste vivre avec moi, et enseigne-moi ce que tu sais.
– Non, grand-père, j’en ai assez de vivre avec des idiots. Je préfère continuer mon voyage.

à suivre