Des contes du monde entier pour grands et petits

Histoires d’arts et métiers

9782910272753

Histoires d’arts et métiers

Marilyn Plénard
Illustrations de Julie Wendling

2012, 120 pages, 14,50€

Product Description

Etait une jolie couturière

Conte de Bretagne

Etait une jolie couturière. Une couturière vraiment jolie. Si jolie que tous les gars du pays lui contaient fleurette. Jusqu’au seigneur du château qui lui faisait porter les fruits les plus délicieux, les fleurs les plus parfumées. Mais à aucun de ses galants la couturière n’offrait son cœur. Du coup, ces jeunes hommes ardents se le disputaient sans cesse.

Enfin, la belle en a assez. Elle fait la déclaration suivante :

– Celui qui me portera l’objet le plus utile pour mon usage, celui-là, je l’épouserai.

Vite, chacun se met en campagne. Passe une huitaine, le seigneur se jette à ses pieds :

– Vois ce que je te porte : les bijoux les plus précieux, les toilettes les plus splendides…

– En quoi ces colifichets me seraient-ils utiles ? répond la couturière. Je suis une personne simple.

Le plus riche fermier du coin prend le relais :

– Vois ce que je te porte : une bourse bien garnie de pièces d’or et autant d’argent…

– En quoi ces pièces me seraient-elles utiles ? réplique la couturière. Je gagne déjà suffisamment.

Le garçon suivant n’obtient pas plus de succès :

– Vois ce que je te porte : une huche à pain que j’ai moi-même sculptée.

– En quoi cette huche me serait-elle utile ? riposte la couturière. Si bien ornée de l’extérieur mais si vide de l’intérieur.

Quand le dernier des prétendants, un peu magicien, un peu sorcier, lui tend un minuscule paquet, elle l’ouvre. C’est un tout petit étui d’acier de forme cylindrique avec dessus ces mots inscrits en lettres d’or : « Rien ne peut vous être plus utile que de préserver vos jolis doigts que la méchante aiguille transperce tous les jours, et rien ne pourrait me rendre plus heureux que de vous épouser. »

– Voilà qui me sera utile ! s’exclame la couturière. Voilà donc celui avec lequel je m’en vais me marier.

Ainsi fut fait, et ainsi aussi, qu’on se le dise, fut inventé le dé à coudre.