Des contes du monde entier pour grands et petits

Contes et légendes d’Ukraine

9782910272562

Contes et légendes d’Ukraine

Choisis  et traduits par Galina Kabakova

illustrés par Elena Ojog

2009, 250 pages, 20€

 2e édition augmentée

 

Product Description

Pourquoi l’eau de mer est salée

Il y a des années, il y avait deux frères. L’un était pauvre, l’autre riche. Lorsque leurs parents moururent, la vie du frère pauvre fut encore plus triste, car le frère aîné s’empara de tout l’héritage. Et le frère cadet n’avait rien. Sa femme et lui vivaient dans une grande misère. Lorsqu’il ne resta plus rien au frère cadet, il se décida à aller voir son frère aîné lui demander de l’aide, mais le frère aîné refusa tout net. Alors, le frère cadet alla pêcher pour faire la soupe. Comme ce jour-là le poisson ne mordait pas, il rentra bredouille, tête basse. Tout à coup, il remarqua des meules au milieu de la route. Il les prit et les apporta à la maison. Sa femme lui demanda :
– La pêche a-t-elle été bonne ? As-tu apporté beaucoup de poissons ?
– Non, femme, pas de poissons. Je t’ai apporté des meules.
Il posa les meules par terre, et, par dépit, y donna un coup de pied. Les meules se mirent à tourner et à moudre. Ils virent alors le sel qui sortait des meules. Elles se mirent à moudre de plus en plus vite, et le sel s’entassait. Le couple se réjouit. Et le frère cadet se mit à réfléchir : où conserver le sel, et comment arrêter les meules ? Enfin il trouva : il renversa les meules, qui s’arrêtèrent alors. Ils commencèrent à mener la belle vie. Ils vendaient le sel moulu et ils vivaient dans l’aisance.
Le frère aîné l’apprit, alla voir son cadet et lui dit :
– Frère, prête-moi tes meules.
Le cadet n’avait pas envie de prêter les meules à l’aîné, mais il les donna quand même. Le frère aîné apporta les meules chez lui et les poussa avec le pied. Les meules se mirent à moudre. Mais le frère cadet n’avait pas eu le temps d’expliquer comment arrêter les meules. Elles tournaient tant et tant que le tas de sel atteignit le plafond. Les murs se sont fendus. Le frère aîné, effrayé à l’idée que la maison allait s’écrouler, attrapa les meules et les jeta dehors. Elles dégringolèrent du haut de la montagne et tombèrent dans la mer, où elles coulèrent à pic. De nos jours encore, ces meules tournent et continuent à moudre le sel.